Entretien avec Viktor Vincent.


C’est le sourire aux lèvres et des idées plein la tête que je sors du spectacle de Viktor Vincent "Synapses" au theatre Trévise. Viktor Vincent bluff littéralement toute l’audience en jouant avec notre esprit et je dois bien reconnaître que je suis particulièrement ravi à ce moment d’avoir l’occasion de jouer les prolongations avec Viktor (à ce sujet, merci pour les conseils donnés par la suite)…

Benjamin Briquet: Viktor, tout d’abord merci d’avoir accepté cet entretien. On va commencer par une question "bateau" mais, comment es tu devenu mentaliste?

Viktor Vincent: Et bien je te fais la réponse classique (rire), j’ai appris l’illusionisme quand j’avais 12 ans et quand j’avais environ 18 ans, j’ai rencontré un mentaliste qui m’a montré des choses et à ce moment je n’ai absolument rien compris, le bagage magique que j’avais ne m’a pas permis de comprendre ce qu’il avait fait, donc j’ai été très bluffé et c’est cela qui m’a donné l’envie de devenir mentaliste. Alors aujourd’hui mentaliste est devenu un mot un peu "fourre tout", en tout cas j’ai voulu faire ces illusions là.

BB: Si tu devais nous dire combien de temps cela prend pour avoir une base solide, du moins pour pouvoir proposer des tours sérieux , te produire en tant que mentaliste?

VV: En fait je ne sais pas si cela se pose en terme de temps… Forcément on apprend le métier sur le tas, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, on est donc meilleur au second spectacle qu’au premier et au millième qu’au centième. Si on a envie, il faut le faire et ne pas forcément se poser ces questions là, simplement suivre ses envies.

BB: Qui sont les mentalistes qui t’inspirent ?

VV: Si tu veux, le mentalisme, j’ai toujours aimé ça quand j’avais 17/18 ans et ensuite j’ai fait une pause pour mes études et j’ai attrapé de nouveau le virus en 2004 avec la claque mortelle de Derren Brown, "Trick Of The Mind", dont je suis fan absolu, ça me manque si je ne regarde pas quelque chose de lui… J’ai d’ailleurs été jusqu’à Londres pour voir son nouveau spectacle et j’ai pu échanger quelques phrases avec lui, j’ai un petit côté groupie clairement assumé pour Derren Brown, bref j’adore !

BB: Comment se passe ton expérience sur France 3 ? Peux tu en mesurer les limites ?

VV: L’émission reprend à partir du 19 décembre, sur France 3 à 13H avec un nouveau titre: "Viktor Vincent nous bluff", titre que je préfère à l’ancien "Viktor Vincent, mentaliste" ne m’a jamais vraiment plu. L’outil TV est génial parce que tu peux faire des expériences que tu ne peux pas faire ailleurs… Avoir un stade de 20 000 places à ta disposition ou un supermarché vidé de ses clients c’est vraiment génial! Mais rien est simple et la TV n’est pas une baguette magique… tu ne passes pas à la TV et tout devient formidable… C’est un milieu complexe, il faut faire son trou tout doucement et apprendre à gérer ce nouvel outil. On imagine souvent qu’à la télévision le budget est illimité et que tout est permis…C’est loin d’être le cas… Nous travaillons constamment avec des contraintes de budget et de temps…c’est surtout le temps qui nous fait défaut… Ca a été dur au début de l’émission, nous avions une grosse cadence et pas une seconde à nous, après nous avons pris notre rythme pas à pas… Quand l’émission a été suspendue, nous nous sommes dit que nous allions pouvoir souffler un peu, prendre du recul et nous concentrer sur le spectacle "Synapses".

BB: Qu’est ce qui fait qu’un personnage comme Patrick Jane a autant de succès selon toi ?

VV: Pour les mêmes raisons qu’on aime Superman ou n’import quel autre super-héros, on retrouve toute les constructions dramatiques d’un héros Shakespearien, il a perdu sa femme, sa fille, il a été médium pour ensuite se reconvertir. On a l’impression que tout glisse sur lui, mais il n’en est pas moins humain même si il est capable de faire des choses incroyables qu’on aimerait tous faire. On vit tout cela par procuration dans un sens, il a les réponses à des questions que nous nous posons tous donc nous avons envie d’être comme lui, c’est parfaitement normal en fait, mais comme nous avons tout autant envie d’être Dr.House, personnellement, je préfère Dr.House, un peu le même style en fin de compte mais je préfère le cynisme de House, moins édulcoré. Je pense que ça n’a rien à voir avec le fait qu’il soit mentaliste, les gens l’aiment pour son personnage je pense, un peu impertinent, toujours sur son 31…

BB: En ce moment tu es au theatre Trévise avec ton spectacle "Synapses",  quels sont tes projets après ce spectacle ?

VV: Je serai en Avignon pour le festival avec un nouveau spectacle beaucoup plus intimiste…Ca sera au theatre "le Palace" à 22H. Je veux faire un spectacle simple, avec très peu de choses tout compte fait. C’est un challenge, je veux faire quelque d’intéressant avec très peu de choses…même si je n’ai encore rien écrit (rire), nous verrons tout cela au mois de février ou mars.

PS: Quand je dis nous, je parle de Sylvain Vip et de Maxime Schucht (qui m’aident au quotidien dans l’écriture et la réalisation des effets) et de Daniel Miraskill qui m’a appris l’illusionnisme et que je ne remercierai jamais assez!

BB: Un mot pour la fin, quel conseil donnerais tu à une personne souhaitant apprendre et devenir mentaliste ?

VV: De commencer à pratiquer l’illusionnisme, de s’y intéresser, faire des bonnes rencontres, de faire attention car le mentalisme est aussi un phénomène de mode qui s’estompera un jour et qu’il faut surtout faire attention à certaines… Dérives ! Mais que se rapprocher des illusionnistes est la première marche indispensable pour commencer à pratiquer le mentalisme. Il faut le dire, un mentaliste est un illusionniste qui recrée ce que les médiums prétendent savoir faire comme la lecture de pensée, la prédiction de l’avenir…

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